Et si j’osais me dire «Je t’aime »

Si je te disais
que mes yeux ne peuvent voir souffrir un enfant.
Et que mes nuits sont continuellement hantées,
Par le souvenir cruel
de trois petits anges abandonnés

Dis, me croirais-tu… 

Si je te disais que je déteste la violence
Et pourtant j’ai tellement fermé les yeux sur
cette souffrance

Dis, me croirais-tu…

Si je te disais que je ne suis capable d’aucun mal
Que je hais de toutes mes forces l’injustice
Qu’en ce moment je suis démolie
Que je suis dévorée par mes regrets

Dis, me croirais-tu…

Si je te disais que je souffre d’ennui,
Et que je donnerais un empire pour recommencer ma vie
Que je voudrais réparer mes erreurs passées
Fermer les yeux et me pardonner

Dis, me croirais-tu…

Si je te disais que souvent je me cache pour pleurer
Je voudrais me délivrer de ce mal d’aimer
Et fermer à jamais la page sur cette vie déchirée
J’en ai assez de chercher continuellement à me faire pardonner

Dis, me croirais-tu…

Je donnerais ma vie pour oublier
Et ne plus me voir dans vos yeux d’enfants blessés
Retrouver cette souffrance qui pleure en dedans de moi
Et découvrir à quel moment dans mon existence s’est
endormie cette petite fille
Comme cherchant anesthésie pour le reste de sa vie
Oubliant même parfois d’être gentille

Dis, me croirais-tu…

Si je te disais que j’ai seulement le goût de m’aimer
Et d’essayer de vivre comme s’il ne s’était jamais rien passé

Dis, m’aiderais-tu… 

© Claire De La Chevrotière




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