PAUVRE NOUNOURS FRISÉ



L'ours en peluche de Michelle

Pauvre nounours frisé, chiffonné et froissé,
Qu’avons-nous fait de toi, au fond de ce grenier,
Négligemment jeté sur ce canapé usé
Délaissé, oubliant ta splendeur passée.

Jadis, tu fus aimé, embrassé, dorloté,
Te voilà aujourd’hui triste et désemparé.
Toi, tu ne comprends pas, tu gis là, étonné,
Pauvre petit objet oublié  

Ta merveilleuse peluche éclatante de lumière,
Aujourd’hui parait terne, recouverte de poussière.
Tes beaux yeux de velours et ton tendre sourire
Ont désormais quitté ton visage

Le temps ne t’a pas épargné non plus,
Tout comme la petite fille que tu avais émue.
Elle aussi à son tour t’a oublié
Tu es passé de mode, de toi on ne veut plus.

Ton cœur soudain chavire, et n’ose encore y croire…

A nouveau, une main te soulève tendrement,
Une autre t’époussette très délicatement,
La chaleur des mains déposées sur ton pelage
Et le sombre grenier s’illumine d’un coup….
Tu n’oses encore y croire… Fini le désespoir...

©Dédé Francis
 
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