À une femme détestée

Car dans ces jours de haine et ces temps de combats
Je fus de ces souffrants que leur langueur isole
Sans qu'ils aient pu trouver la Femme qui console
Et vous remplit le coeur rien qu'à parler tout bas
                                                                       Georges Rodenbach


Combien je vous déteste et combien je vous fuis :
Vous êtes pourtant belle et très noble d'allure,
Les Séraphins ont fait votre ample chevelure
Et vos regards couleur du charme brun des nuits.

Depuis que vous m'avez froissé, jamais depuis,
N'ai-je pu tempérer cette intime brûlure :
Vous m'avez fait souffrir, volage créature,
Pendant qu'en moi grondait le volcan des ennuis.

Moi, sans amour jamais qu'un amour d'Art, Madame,
Et vous, indifférente et qui n'avez pas d'âme,
Vieillissons tous les deux pour ne jamais nous voir.

Je ne dois pas courber mon front devant vos charmes ;
Seulement, seulement, expliquez-moi ce soir,
Cette tristesse au coeur qui me cause des larmes.

Retour à l'index de Émile Nelligan

Copyright (Émile Nelligan) ©  tous droits réservés
Copyright (Bibliothèque québécoise) © tous droits réservés

Copyright (La Maison de Dédé) ©, tous droits réservés
Cet ensemble m'est exclusif

 



Hit-Parade