À une femme
détestée
Car dans ces jours de haine et ces temps de combats
Je fus de ces souffrants que leur langueur isole
Sans qu'ils aient pu trouver la Femme qui console
Et vous remplit le coeur rien qu'à parler tout bas
Georges Rodenbach
Combien je vous déteste et combien je vous fuis :
Vous êtes pourtant
belle et très noble d'allure,
Les Séraphins ont fait votre ample chevelure
Et vos regards couleur du charme
brun des nuits.
Depuis que vous m'avez froissé, jamais depuis,
N'ai-je pu
tempérer cette intime brûlure :
Vous m'avez fait souffrir, volage créature,
Pendant qu'en moi grondait le
volcan des ennuis.
Moi, sans amour jamais qu'un amour d'Art, Madame,
Et vous, indifférente et qui n'avez pas d'âme,
Vieillissons tous les deux pour ne jamais nous voir.
Je ne dois pas courber mon front devant vos charmes ;
Seulement, seulement, expliquez-moi ce soir,
Cette tristesse au coeur qui me cause des larmes.



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