A: TOI

DE: DIEU

Comment peux-tu être un miracle alors que les dettes t'accablent et que le tourment te tien éveillé te demandant d'où viendra le pain de demain?

Cela suffit. Le lait renversé est aigre. Et pourtant, combien de prophètes, combien de sages, combien de poètes, combien d'artistes, combien de compositeurs, combien de savants, combien de philosophes et de messagers t'ai-je envoyés porteurs d'un message de ta divinité, de ton potentiel divin et des secrets de la réussite? Comment les as-tu traités?

Mais je t'aime et je suis maintenant avec toi à travers ces mots pour réaliser la prédiction du prophète qui a annoncé que Dieu tendrait la main encore une fois, une seconde fois, pour aider le reste de son peuple.

Je tends la main une fois de plus. C'est la seconde fois. Tu fais partie de ceux qui restent. Cela ne me sert à rien de demander, ne savais-tu pas, n'avais-tu pas entendu, ne te l'avait-on pas dit depuis le début? N'avais-tu pas compris depuis la création de cette terre? Tu n'as pas su; tu n'as pas entendu; tu n'as pas compris.

Il t'a été dit que tu étais une divinité déguisée, un dieu qui s'amusait.
Il t'a été dit que tu es un ouvrage bien spécial, noble de raison, disposant de facultés infinies, admirable de forme et de mouvements, comme un ange en action, comme un dieu en appréhension... Il t'a été dit que tu es le sel de la terre.

Le secret de déplacer des montagnes et de réaliser l'impossible t'a été donné. Tu n'as cru personne. Tu as brûlé ta carte routière menant au bonheur, tu as abandonné ton droit à la paix intérieure, tu as soufflé sur les bougies qui étaient placées le long de ta destinée et qui devaient te mener à la gloire et tu as trébuché, perdu et effrayé, dans l'obscurité de la futilité et de la pitié, jusqu'à ce que tu tombes dans l'enfer de ta propre création.

Et tu as alors pleuré et tu as frappé ta poitrine en maudissant le sort qui t'accablait. Tu as refusé d'accepter les conséquences de tes propres pensées négatives, de tes actions basses et tu as cherché un bouc émissaire responsable de tes échecs. Et vite, tu l'as trouvé!

Tu m'as blâmé! Tu as crié que tes handicaps, ta médiocrité, ton manque d'opportunités, tes échecs... étaient la volonté de Dieu!
Tu t'es trompé!

Faisons un inventaire. Faisons d'abord le tour de tes handicaps.

Car comment puis-je te demander de te construire une vie nouvelle à moins que tu n'aies les outils en main? Es-tu aveugle? Est-ce que le soleil se lève et se couche sans que tu le voies?

Non. Tu peux voir...et les centaines de millions de récepteurs que j'ai placés dans tes yeux te permettent de jouir de la magie d'une feuille d'arbre, d'un enfant, d'un flocon de neige, d'un étang, d'un aigle, d'un nuage, d'une étoile, d'une rose, d'un arc-en-ciel... et du regard de l'amour.

Compte une première bénédiction!

Es-tu sourd? Un enfant peut-il rire ou pleurer sans attirer ton attention? Non. Tu peux entendre... et les vingt-quatre mille fibres que j'ai construites dans chacune de tes oreilles vibrent sous l'effet du vent dans les arbres, des vagues sur les rochers, de l'harmonie du chant du rossignol, du jeu des enfants... et aux mots "je t'aime".

Compte une autre bénédiction!

Es-tu muet? Tes lèvres ne remuent-elles que pour laisser passer ta salive? Non. Tu peux parler... comme ne peut le faire aucune autre de mes créatures et tes paroles peuvent apaiser la mauvaise humeur, remonter le déprimé, stimuler le lâcheur, égayer le malheureux, réchauffer le solitaire, louer le valeureux, encourager le vaincu, enseigner à l'ignorant... et dire "je t'aime".

Compte une autre bénédiction!

Es-tu paralysé? Ton corps impuissant dépare-t-il le sol? Non, tu peux bouger. Tu n'es pas un arbre condamné à un carré de terre alors que le vent et le monde profitent de toi. Tu peux t'étirer et courir, danser et travailler, car en toi, j'ai placé cinq cents muscles, deux cents os et onze kilomètres de fibres nerveuses que j'ai synchronisées moi-même pour qu'ils exécutent tes ordres.

Compte une autre bénédiction!

Est-ce que personne ne t'aime? Est-ce que tu n'aimes personne? La solitude t'étouffe-t-elle jour et nuit? Non. Jamais plus. Car maintenant, tu connais le secret de l'amour: pour recevoir l'amour, tu dois le donner sans penser au retour. Aimer par intérêt pour sa propre satisfaction ou par orgueil, ce n'est pas de l'amour. L'amour est un cadeau que l'on donne sans demander de retour. Tu sais maintenant qu'aimer sans égoïsme est sa propre récompense. Et même si l'amour ne t'était pas rendu il ne serait pas perdu, car cet amour-là te reviendra pour adoucir et purifier ton coeur.

Compte une autre bénédiction! Compte-la deux fois.

Ton coeur est-il malade? Doit-il combattre pour te maintenir en vie? Non. Ton coeur est fort. Porte ta main à ta poitrine et sens son rythme et ses pulsations, heure après heure, jour et nuit, trente-six millions de battements par année, année après année, endormi ou éveillé, faisant circuler ton sang dans plus de cent mille kilomètres de veines, d'artères et de capillaires... pompant plus de deux millions sept cent trente litres chaque année.  L'homme n'a jamais été capable de créer une machine semblable.

Compte une autre bénédiction!

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