Là, est assis sur la galerie un petit bonhomme aux yeux bleus qui devrait sourire.
Pourtant, dans ses yeux couleur de ciel d’été, on y lit la tristesse. Tristesse
d’un jour d’automne quand il pleut de cette pluie qui touche le cœur et qui met
des diamants dans le coin des yeux des grandes personnes.
Pourquoi es-tu triste, petit?
Pour rien, fut la première réponse.
On n’est jamais triste sans raison, surtout pas à dix ans.
Il y a des âges pour être triste?
Non, mais à dix ans quelque chose peut bien nous rendre triste.
Tes parents peut-être?
Non
T'as brisé ta bicyclette ?
Non
Ça va mal à l'école ?
Non
Tu veux en parler?
Non
Ok! Ok!
Tu sais, petit, ça m’est aussi arrivé d’être triste.
Ah oui ?
Oui, comme toi maintenant.
Peut être papy, mais pas autant que moi maintenant.
Tu penses, fiston?
J'en suis sûr, papy.
Comment ça, tu en es sûr?
Tu ne peux pas comprendre, papy, parce que toi, tu as encore mammy; moi, j’ai perdu
ma blonde, la seule fille que je n’ai jamais autant aimée.
J'ai mis ma main autour de ses épaules, il appuya sa tête contre moi et les
larmes coulant de ses yeux inondaient
mon cœur de tristesse et faisaient naître des diamants au coin de mes yeux.
Et mes lèvres tremblantes murmuraient: mais oui, je comprends.