Textes de Dédé

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Slinki!

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Il était assis là, on ne savait plus depuis combien de temps.
Il regardait toujours vers ce champ.
Un champ immense rempli de fleurs de toutes sortes.
Un champ où le soleil ne semblait jamais se coucher.
Il y avait plein d’amis qui couraient, sautaient et gambadaient un peu partout autour de lui.
Il y avait plein de balles, des montagnes de biscuits et plein d'os à enterrer. Mais Slinki ne bougeait pas, même pas d’un poil.

Il fixait l’horizon.
Pourtant, quelquefois ses grands yeux bruns, ses yeux si doux, ses yeux remplis de bonté semblaient s’animer pour ensuite redevenir tristes. Puis un jour, ses oreilles se levèrent, sa queue se mit à branler de gauche à droite, ses amis s’arrêtèrent de jouer regardant du même côté que Slinki.

Quelque part sur la Terre, un homme malade était assis dans son fauteuil, laissant son esprit vagabonder au rythme de ses souvenirs, revoyant cette petite boule de poil qu’il avait choisie parmi tant d’autres, cette petite boule de poil qui était venue vers lui ce matin-là.

Il se souvenait de tous ces jours heureux passés avec son ami.
Il se souvenait de ses promenades au soleil levant, à son rire quand le chien faisait le clown dans la neige.
Tant de souvenirs heureux, tant d’années si vite passées.

Puis, son cœur malade se mit à ralentir, ses yeux embués revoyaient ce jour. Ce jour tellement triste où l’âme de son ami dû partir vers le paradis.

Il se souvenait de cette promesse faite à son ami:
Attends-moi là, où tu seras je t'y rejoindrai.
Maintenant, l'heure était venue de tenir parole.
Sa main glissa le long du bras de son fauteuil, ses lunettes tombèrent par terre, son cœur s’arrêta.

Le champ était immense, l’homme se dit que les fleurs étaient belles, puis il entendit un aboiement.
Slinki était debout, maintenant tout son être vibrait de bonheur. On aurait dit qu’un chant émanait de lui, un chant d’amour.
Il était là et il attendait.

L’homme dit: tu vois Slinki, j’ai tenu parole.
Viens mon bon chien, allons marcher côte à côte. Ils traversèrent le pont de l’arc-en-ciel et se dirigèrent vers la lumière, et la lumière les accueillit. Ce fut un jour de fête au paradis.
Car ce jour-là, Dieu accueillit deux âmes, deux âmes remplies d’amour l’une pour l’autre.


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André Desfossés




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